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 Un second pas [HW]

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Udo Shintaro
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MessageSujet: Un second pas [HW]   Sam 27 Fév - 23:28

Soumission. Patience dans l'inconfort, mais dans l'espoir d'une revanche qui en vaille la peine.
>> Ambrose Bierce

_________________________________________

◘Fond musical◘

Les enfants, sourires courant joyeusement dans les rues à la poursuite d'un papillon ou d'un ballon envolé, ont la chance de ne voir le monde que de leurs yeux. C'est un passage de la vie où l'on est pas responsable de ses torts, et où quand bien même on le serait, on ne s'en soucie pas.

Qu'ils soient malheureux ou heureux, les enfants, dans les rires ou dans les pleurs, ont été libéré par le destin de la responsabilité qui leur incombe, pour un moment en tout cas. Tandis qu'allègre, elle flotte au dessus d'eux comme un lointain nuage, il s'en moque doucement et continuent leurs affaires. Certaines bourrasques en amènent plus d'un à voir retomber leur ciel prématurément, mais d'autres sont préservés, à l'abri dans leur grande demeure, de ces responsabilités. Étrangement, on accorde à ces êtres que l'expérience épargne plus d'importance qu'à ceux qui ont enduré souffrance et famine, qui connaissent le monde pour l'avoir subi.

La vie garde la même importance, quiconque en soit le directeur, dira le moralisateur. Que de belles paroles, bien inutiles en regard du monde : quand bien même corruptions et désirs seraient-ils bannis que vivrait toujours cette nature humaine, cette condition. Les hommes ne peuvent assumer éternellement leurs vices. Morts, il leur reste l'éternité pour continuer, ou enfin entamer pour les plus sages, une existence de vices, sous terre ou au ciel, qui ne sont en somme qu'un et un seul même au delà, séparé en deux quartiers dont la frontière reste floue : tout est-entièrement blanc ou noir ? Cet après ne représente qu'une masse de nuances de gris qu'une force inconnue a classé aléatoirement, selon le désespoir ou là soif de vie. D'un côté ceux qui n'ont pu brider leurs instincts et qui ont dépassé les limites élargies que leur offrait la mort, par infinie tristesse ou par cupidité. De l'autre des êtres rationnels ou lâches, qui ont tourné le dos aux plaisirs et à leurs dangers, qui offrent la mort en criant justice comme pour s'excuser à eux-même de leur crime.

Qui dans tout ça est le plus coupable ? Qui mériterait d'aller d'un côté plus que de l'autre ? Nul ne peut en décider, car l'ensemble n'est qu'un trop vague brouillard ou se mêlent couleurs vives et ternes, passions fastes et néfastes.

Que vous semble-t-il le plus horrible ? Celui qui aide à ce classement aléatoire n'est-il pas lui-même le véritable monstre ? Il décide, de sa main puissant de juge divin, de la position des hommes, les positionnant comme des marionnettes dans un théâtre spectaculaire. Bien qu'on se borne à tenter de lui donner également une couleur, on ne le peut. Il n'est pas lumière ou obscurité, il n'est lui aussi que l'immensité nuageuse qui peuple le ciel et brouille les sens : se joue-t-il de nous, ou ordonne-t-il le monde sous des critères mystérieux ? Est-il véritablement cette entité abstraite que nous le pensons être, ou est-il celui qui trône à nos côtés ? Sa main tente-elle de nous bercer dans un unique sens, ou le chaos des couleurs général représente-t-il l'ensemble harmonieux auquel il tend ? Tant de question auxquelles il faut des réponses, auxquelles il est impossible d'en apporter. Mais encore faut-il se les poser.

Il existe, en pensée, quatre catégories d'hommes : ceux qui sont si primaires que d'idées trop abstraites il ne tirent que maux de tête, ceux qui se posent des questions sur leurs propres actes dans le but d'avancer spirituellement et physiquement ou de faire avancer leur société, ceux qui se posent les même questions afin de noblement enrichir d'interrogations angoissantes la connaissance humaine, et enfin ceux qui répondent à toutes ces questions par leurs sentiments et leurs émotions, qui ont réponse à tout en cela.
Encore une fois, les limites de ces quartiers sont floues, on peut avoir posé un pied en un territoire tout en restant dans l'autre, ou penser qu'on se trouve dans l'un pour finalement être dans l'autre. Tout ceci porte à confusion. Entre chaque position, dans toute chose ou toute matière, il n'y a qu'un pas qui différencie chaque être ; nous sommes tous uniques en cela, différents chacun en regard de la direction et de la longueur du pas que nous avons fait, si nous l'avons accompagné d'un second ou si notre première foulée s'est brisée sur une ornière.

Le pas qu'avait fait Udo avait été celui de se plonger de lui-même dans ce monde de secrets qui avait été le sien tant d'années durant, et qui continuait à présent encore. Il avait gagné du pouvoir, il en avait perdu de la liberté. Paradoxe ? Il s'y attendait, mais cette vision le faisait alors sourire, quand il se voyait brisant les chaines de sa soumission d'une flexion de ses biceps, fort de ses nouveaux atouts.

Il avait tort.

Ses chaînes brisées, restaient les barreaux et les murs, à perte de vue. Et eu dessus de lui, intouchable, l'œil qu'il avait envié, pensé concurrencer, puis haï alors qu'il comprenait qu'il ne pouvait l'atteindre. Il avait dû se soumettre, il en avait honte, mais il n'y pouvait rien. Il ne lui restait que l'espoir, l'attente d'un évènement miraculeux qui forcerait sa chance et ferait basculer son être du larbin recourbé au Roi sur son piédestal. Il avait peur de sa fragilité actuelle : une faiblesse qu'il ne contrôlait pas, qui se jouait de lui. Il frémissait à l'approche des autres, comme s'ils allaient se jeter sur lui tels des fauves. Il se levait, avançait contre son gré, poussé par la crainte que lui inspirait le regard de cet œil qui, sous prétexte de lui apporter force et grandeur, allait terminer de l'asservir. Et il ne pouvait lutter. Udo fronçait les sourcils : Aizen Sosuke l'avait pris et coincé dans ses filets.



"—— Ceci vous permettra de vous émanciper des dogmes et valeurs bancales que vous a enseigné la Soul Society et ses bâtards. Grâce à lui, vous vous élèverez à un rang redouté, crains et banni par les couards de la Soul Society. Cet artefact a le pouvoir de réveiller en vous une puissance qui sommeil depuis toujours au creux de votre esprit, tapi dans l'ombre des odieux mensonges inculqués aux Shinigamis. Vous ne devez pas avoir honte de ce pouvoir, car il fait partie de vous. Il vous aidera."


Udo savait que quoiqu'il fasse, il avait perdu : il voyait le piège, mais ne l'évitait pas. Les autres, qu'ils croient à ces histoires ou non, il s'en moquait bien, n'ayant jamais été de nature très conciliante. D'ailleurs, par égoïsme pur, il savait qu'il n'aurait rien dit : s'il devait être vaincu, au moins qu'il ne soit pas seul, il aurait cela en moins d'humiliation. Ce personnage élevé dans la noblesse, bercé par les transactions malsaines et les meurtres pouvait-il penser autrement ? Udo garda un air prétentieux et interdit alors qu'il dépassait ses compagnons pour se diriger à son tour vers Aizen.

Les doigts crispés, le visage hautain, il brandit doucement son éventail, comme s'il avait renoncé en décidant d'en finir, dans une attitude contradictoire qui le rendait fort difficile à cerner. Il sourit doucement. Le magnanime Seigneur dans sa grande bonté -ô qu'il était grand- leur accorda le droit de prendre congé. Doucement, la salle se vida de ses occupants, tandis que Shintaro restait droit et fier dans sa postion, l'esprit cependant brisé, n'osant pas lever les yeux vers celui qui l'avait battu. Demander une revanche ? On ne presse pas la faveur des dieux, ils n'accordent pas de seconde chance, il n'en existe pas. Sa seule seconde chance, si l'on pouvait dire, était le fait qu'il soit toujours en vie. Quoi ? Il était devenu le serf sur qui on a droit de vie et de mort ? Udo comprit alors que ce piédestal qu'il espérait était sans doute bien plus friable qu'il ne l'avait pensé : il était tombé du sien, de sa place de noble influent en si peu de temps...
Mais cela renforçait sa conviction qu'aussi monstrueusement, divinement puissant qu'il était, Aizen pouvait être supplanté. S'il existe des limites physiques, il n'en existe pas pour l'ambition.

Grisés de ses rêves hypocrites, destinés uniquement à voiler sa défaite irrévocable, Udo fit volte-face, et sortit à son tour. Il était temps pour lui d'agir. Plongeant la main dans un revers de sa veste blanchâtre, il sortit un registre : toutes les personnalités du Sereitei y étaient répertoriées, ce livret relié de cuir rouge étant ce qu'il avait fait de ses temps libres durant les cinquante dernières années. Il tourna une centaine de pages noircies d'encre pour s'arrêter finalement. Là commençaient les pages blanches. Elles allaient avoir de l'emploi, ici, à Las Noches.

Son deuxième pas serait déterminant et changerait sa voie, car il ne pourrait plus retourner en arrière. Autant bien le préparer, puisqu'il avait choisi, lui aussi, de s'élever aux plus hauts cieux...


Dernière édition par Udo Shintaro le Sam 1 Mai - 17:56, édité 2 fois
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Udo Shintaro
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MessageSujet: Re: Un second pas [HW]   Lun 15 Mar - 22:21

La victoire sur soi est la plus grande des victoires.
>>Platon
_________________________

◘Fond musical◘


Cinquante-trois. C'était peu en comparaison de la masse de créatures de toutes tailles et de tous types qui foulait les salles désertes du grand palais de marbre à quelque moment de la journée isolé, mais la pêche avait été relativement bonne pour celui qui remettait à présent doucement son carnet de cuir entre les pans lisses de son vêtement blanchâtre orné de fins fils d'or, légère fantaisie qu'il s'était permise afin de rappeler à ceux (et surtout à celui) qui le regardaient (regardait) souvent en coin son rang élevé, bien qu'il n'ait plus cours ici.

Difficile en effet d'abandonner prestement des coutumes qui, même si l'on ne les affectionnait pas en regard de ce pourquoi on les a laissé tomber, avaient fait notre quotidien durant tant de temps, des habitudes machinales du quotidien qui se résumait ici à une prestance noble et à un mépris bien affiché dans le regard. Si cet agencement d'apparence n'en imposait qu'aux plus faibles, il en restait que l'ex-lieutenant du kido ne lésinait pas sur les moyens pour faire comprendre que sa présence devait inquiéter : depuis son arrivée, borné comme il l'était à rendre une image glorieuse de pouvoir et de hauteur comme celle qu'affichait le seigneur des lieux, il s'était mis à, durant ses errances dans les salles de marbre, prendre l'accoutumance de faire éclater sa pression spirituelle, dans l'unique but d'impressionner et terroriser la foule d'infâme hollows qui semblaient faire office de serviteurs au palais.
Il les commandait avec une suffisance extrême, un orgueil qu'il pensait digne de lui accorder tout le respect dû à son rang, mais il comprit bien vite que sa condition de shinigami et ses manières ne convenaient guère à ces êtres pathétiques dont l'unique voie de pensée était synthétisée par des cris immondes. Tchhh! S'ils ne l'aimaient pas, tant pis pour eux, la mort les attendait, ces cloportes !

Bien qu'il put passer sa rage de n'arriver qu'à se ridiculiser par ses actions fanfaronnes auprès de ses "pairs" (le terme lui déplaisait) en s'éternisant à enseigner l'obéissance terrifiée aux monstres rampants qui lui servaient de suite, sa frustration grandissait de jour en jour : le comportement hostile des hollows à son approche levait le voile sur de nombreuses attitudes qu'il avait déjà pu observer sans jamais les comprendre, et qui renforçaient sa misanthropie car enfin se montrait à lui les toutes les facettes de l'hypocrisie humaine. Désintéressé par l'étude de l'âme depuis sa tendre enfance, toute philosophie qu'il abordait se rapportait à sa vie propre, dans son égocentrisme inhérent, et il ne cherchait pas plus loin à savoir ce qu'avaient bien pu penser les larbins qui l'avaient servi durant tout ce temps, au Sereitei.

Il aurait sans doute pu, à force de réflexion posthume, deviner quels ressentiments se cachaient au fin fond des esprits de ces gens, mais il n'en avait cure, leur vie n'avait été pour lui qu'un jouet dont il pouvait tout disposer comme il le désirait, alors qu'il prônait une stupide égalité qu'il avait oublié durant tout ce temps passé à rôder pour préparer une révolution d'acier qui s'était soldée par un échec assez cuisant dans une victoire amère, et une soumission à un homme qui le dépassait invariablement sur tous les plans.
Et c'était l'esprit de cet homme unique qu'il aurait voulu sonder, car, devant son hypocrisie et ses mensonges, il se sentait charmé et dégouté par ce personnage qu'il ne pouvait cerner ni soumettre, qu'il n'avait que l'espoir du fou qu'il était de dominer. Haine et admiration étaient ses sentiments pour Aizen Sosuke, il s'en était rendu compte, mais n'avait néanmoins pas daigné s'avouer à lui-même que c'était bien le cas, bien que sachant qu'il n'avait plus rien à espérer contre cette effigie de puissance et de grandeur inspirée par les cieux... raaah ! Il commençait à résonner comme l'autre idiot, celui qui se targuait de ne pas ressentir quoi que ce soit qu' "Aizen-sama" n'eut bien accepté qu'il ressente, celui qui dirigeait la faction qu'ils venaient tous, lui et ses camarades, d'intégrer.

D'ailleurs, penser à cette loque de servilité rappela à Udo qu'il avait été convoqué plus tôt dans la soirée dans un rendez-vous secret avec son "collaborateur" afin de se voir accorder de pouvoir qu'ils voyaient comme de nouvelles chaînes, inévitables, qui allaient le sceller à jamais sur son socle blanc, à la première marche de l'escalier, celle des chiens. Il mordait ? On lui proposerait un os. Il s'émanciperait ? Il perdrait la vie. Udo avait été coincé dans l'impasse qu'avait créé Aizen pour lui et les autres, dont il était conscient, et qu'il ne pouvait esquiver, forcé, pour son salut propre, à marcher dans le sentier tracé, vers une mort inéluctable que nulle trahison ne pourrait éviter. Il savait sa défaite en marche, latente, il se savait fait comme un rat, et pourtant, il tenait espoir, un espoir de fou. Qui sait ? Sans doute toute entreprise était-elle vouée à l'échec, comme bien convenu, mais, devant la haute barrière de la vanité et de l'orgueil ont piètre allure les vagues de la raison.Seule la suffisance de cet homme l'empêchait de sombrer dans le désespoir dû à sa condition, malheureusement trop humaine, pour le dieu sur lequel il projetait son regard.

Udo poussa la lourde porte d'entrée d'une main molle, les yeux plongés dans le vague des ténèbres qui bordaient les murs comme des draps doucereux, surlignant l'avant-plan bleuté que représentait le petit trône de pierre, illuminé par une lueur étrange en provenance d'une colonne de forme tout aussi déconcertante. La pression spirituelle qui en émanait ne laissait aucune place au doute : c'était la chose qu'avait brandi Aizen en réunissant ses soldats -ses esclaves, l'arme avec laquelle il allait les asservir pour de bon, le cadeau empoisonné qu'il leur faisait, le sourire aux lèvres, du miel sur les mots. Udo s'avança doucement. Devant le réceptacle de marbre brut, l'air était difficilement respirable, et une tension forte régnait, jetant une atmosphère qui donna au noble nécromancien des sueurs froides tandis qu'il entendait dans son dos les pas d'Aizen s'approchant.

Il ne se retourna pas, laissant celui-ci le dépasser et s'asseoir sur son siège arrondi, l'air calme et un rien amusé. Dans la pénombre ambiante, les seuls reflets qui perçaient la noirceur de la silhouette d'Udo étaient les lueurs tranchantes de ses yeux, fixés tour à tour sur le maître des lieux et son artéfact de conquête. Udo déglutit. Quoiqu'il put ne pas supporter son seigneur (il devait à présent se borner à l'appeler ainsi, car tel était l'usage, qu'il méprisait autant que l'homme en lui-même, mais qu'il se devait d'adopter, n'ayant plus droit à l'impertinence de se dresser outrageusement, car une épée de damoclès pendait au dessus de sa tête), sa présence le pétrifiait, et son corps luttait alors pour sa survie tandis que son esprit se taisait. immobile, serrant les dents, il se courba en signe de salutations.

-Vous m'avez demandé, me voici.

Esquissant une grimace, le mage de blanc vêtu se redressa lentement, les sourcils froncés de dégoût et de honte, humilié et impuissant. Aizen ne lui rendit son salut que par un sourire dénué de toutes expressions, puis lui tendit d'une main paresseuse la pierre brillante qu'il avait extrait de son récipient : le diamant, rayonnant de milles feux d'enfer, semblait vouloir avaler toute vie ; son intense aura n'était cependant pas assez menaçante que pour ôter les scrupules d'Udo pour lui-même, qui s'empressa de tendre à son tour le bras, dans un mouvement de peur envers celui qui le punirait bien de toute insolence. Doucement, dans le noir complet, ses doigts rencontrèrent la fine couche minérale de l'instrument. Shintaro ferma d'un coup les yeux, pris d'une crainte compréhensible. Rien ne se passa. De ses paupières mi-closes, l'ancien vice-capitaine jeta un oeil au Roi de Las Noches.

Il le fixait. Ses yeux étaient bruns, ses pupilles noires. Un noir profond. Un néant, un océan intarissable de majesté et de puissance qui l'avala d'un coup, l'écrasa d'une pression spirituelle titanesque : si Udo avait pu se focaliser sur autre chose que sur le visage de l'homme qui le soumettait à présent, il aurait remarqué la lueur grandissante, qui d'un coup l'engloba, alors que la main d'Aizen se retirait doucement, disparaissant dans la blanche pâleur de cette neige hors saison.

Ici commençait la fin. Un deuxième pas, qui serait un point de non retour, à jamais.


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Udo Shintaro
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MessageSujet: Re: Un second pas [HW]   Sam 1 Mai - 19:34

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !
>>Charles Baudelaire

_____________________________


◘Fond Musical◘


Dans un monde où toute limite est floue et tortueuse, ou chaque point amène à de grandes conjectures, il n'est pas impossible de considérer de fort grandes exceptions à toutes les règles. Certains brisent même la loi établie du gris nuancé en tranchant leur existence nettement et en s'adonnant à une part de leur plaisir ou désir plus qu'une autre. Ils gardent en tête une ligne de conduite qui les conforte dans leurs positions et leur permet de vivre leur vie sans tracas et le plus simplement. Bien heureux sont les imbéciles, dit-on... Mais tôt ou tard, le savoir leur vient, et une hésitation, une seule, une début d'éclat doux, et la faille se profile déjà à l'horizon. Dès lors, on a beau tenter de la colmater, il n'y a rien que l'on ne puisse y faire ; même la mort n'est pas un remède. Impossible d'échapper au brouillard torrentiel qui se répand de cette crevasse de doute et de peurs, car l'inconnu, les ténèbres de ce qui est enfoui en nous même et qui soudainement se mêle à notre quotidien, le mystérieux, nous inspire plus que de la crainte. La vraie peur est celle qui est en nous, celle que l'on éprouvera jamais que seul avec nous-même, tétanisé et crispé, le regard vide et les joues mouillées de larmes inconscientes et glaciales.

Mais, comme il a été dit, il existe toujours des hommes qui jamais ne dévieront. Heureux sont les imbéciles, qui, doutant pourtant, s'imaginent fixer la frontière de leur cœur, et sont trop aveugles pour remarquer que déjà elle s'estompe comme un château sable mis à mal par la marée montante. On dit que la personnalité réfléchi l'âme, l'intérieur secret en chacun de nous. Quel serait le leur ? Inutile de le dire, tout ce qui serait énoncé serait tant strié d'exceptions diverses qu'il n'y aurait plus de règle. On ne peut classer les hommes que par leurs actes, il serait stupide de les aligner dans des classes respectives desquelles tous sortiraient, partiellement du moins. Toutefois, il est un intérieur que nous pouvons voir. Celui d'un imbécile ? Le terme est incorrect. Celui d'un aveugle.
Celui d'un menteur ? A nouveau incorrect, celui d'un homme qui se leurre lui-même.
Pas étonnant en ce cas de pénétrer dans un imaginaire vaste, anti-reflet de sa réalité. Le monde est luxuriant, les plaines sont vertes, les oiseaux y chantent sans bruit, l'eau y coule à l'envers et le ciel est gris, tous ces détails insignifiants qui trahissent la fausseté de ce paysage et dénonce l'homme -ou son cœur- tel qu'il l'est réellement en fin de compte. Et cela, il le découvre avec nous, opour la première fois...

Udo fit son second pas en ce monde froid et chaleureux à la fois, immobile et pleine de vie, mort et riant. Cela faisait froid dans le dos. S'il n'y avait pas de murs, la dureté de l'air en certains endroits pointaient du doigt les limites des horizons peints de ce décor imaginaire, théâtre des plus grandes comédies qui se déroulaient dans l'être qui s'introspectait, face à lui-même dans son propre monde. Il avait toutes les cartes en main, et il était vaincu par celui qui, plus assuré, le regardait, armé des même droits et même pouvoirs, ni plus ni moins: lui-même. Cela ne lui sembla d'abord qu'une illusion, puis il acquit la certitude que c'en était une. Elle le représentait perverti, sali dans son honneur bafoué par la marque impie du sacrement qu'il venait de recevoir, à contrecœur, s'enchainant auprès d'un homme qu'il haïssait. Cette illusion, ce reflet de son vrai -ou était-il faux ? Il ne le savait...- intérieur, avait beau bouger différemment, elle en restait un spectre auquel il ne devait prêter attention. Levant le nez, il avança. S'il était ici, il devait sans doute avoir quelque chose à y faire avant de sortir, et, traumatisé par la clownerie du décor, il s'était décidé à en finir rapidement. Hautain et vif, il chassa d'un revers de la main l'apparition brumeuse à son effigie, lançant le regard vers le lointain qui lui paraissait si proche, ce qui était bien le cas dans cet environnement de papier mâché. Ses genoux tremblèrent, comme tout son corps, en même temps que le sol. Une lourde pierre s'écrasa à quelques mètres de lui. Inquiet et paniqué, Udo leva prestement la tête vers la voûte de nuages grisâtres, qui lui apparut percée d'un trou béant entrainant craquelures et fissures virulentes sur le reste du faux plafond. Dans cette fausseté, il avait du mal à discerner le vrai du faux... Y avait-il du vrai ? Le doute, nous le savons, bouscule les acquis et les perturbe tant qu'ils se blessent : une nouvelle pierre tomba plus près, enveloppée d'un brouillard qu'il ne connaissait que trop bien. Ce pas qu'il venait de faire, avait-il révélé quelque chose qu'il aurait voulu garder enfouie ? Que fallait-il qu'il fasse pour vaincre ? Faire tomber ce décor de fausseté et à jamais se plonger dans les même vagues troubles que celles qu'il se surprenait à avoir parfois ? Ce n'était pas ce Hogyoku qui avait entrainé ces stries, ces sillons dans la forteresse de plâtre qu'il s'était bâti pour enfermer sa peur. Cet évènement n'avait été qu'une goutte de trop, peut-être plus grosse que les autres... Le reste était le résultat d'une vie passée à l'écart d'une société corrompue, à poursuivre un but qu'il avait oublié, pour des raisons qu'il avait oubliées, et qui n'avaient pour conséquence qu'un désir de puissance profond, de soumission de ses ennemis...Non, de tout le genre humain. Régner ? Pourquoi faire ? Il n'avait en vérité pas besoin d'esclaves. Sa peine ne s'affaiblirait pas. Les tuer. Les tuer tous. Non !

Un troisième roc noirâtre vint lui frôler le dos, déchirant légèrement son vêtement blanc. Point de doute. Il devait s'en tenir aux objectifs qu'il s'était fixé. Ne pas se projeter dans l'après, considérer le présent, et uniquement le présent. Point de doute. Juste de la détermination, de l'envie, et de la haine. Udo ferma les yeux, serra les poings. Il allait faire comme il l'avait toujours fait dans toute situation ... combattre ses problèmes ? Les ignorer. Un bruit sourd retentit dans ses oreilles attentives ; une paupière s'entrouvrit sur le ciel gris : la faille était bouchée à nouveau, craquelée ça et là des dernières et sempiternelles lézardes de son anxiété. Quoi ?! Vaincre son ennemi, le doute, était donc aussi simple ? Un peu de réflexion, un peu de courage, repousser simplement ses hésitations par des dogmes de facilité qu'il s'était tué à établir pour lui-même toute sa vie durant, et il avait gagné ?
Udo éclata de rire un instant. Quelle ironie ! Était-il si faux que cela ? Avait-il oublié ce qui l'avait poussé à devenir ainsi ? Sa haine l'avait déchiré, elle le déchirait toujours, il avait perdu sa vie à combattre une réalité invincible... et son seul espoir de vaincre l'avait à son tour vaincu. Il n'était rien d'autre qu'un perdant, il allait devoir se l'avouer, il devait se l'avouer ! Un rocher perça l'air en sifflant, lui égratigna le visage. Un second lui blessa l'épaule. Il tomba à genoux. La douleur n'avait pas d'importance, pour lui comme pour l'ombre de son visage qui le narguait à nouveau, souriant comme un diable en cage, l'air fou, riant ensuite sans qu'un seul son sorte de sa bouche.


«Sokatsui !» hurla Udo, pointant le doigt devant lui : le sort bleuté déchira la silhouette tandis que son propre bras était transpercé par un pic rocheux acéré. Ce coup lui arracha un râle qu'il réprima en suffoquant, les yeux exorbités.

A finir
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