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 Toute lumière a son ombre, toute lame son bouclier (HW]

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Hijikata Gentatsu
Primiera Asta
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MessageSujet: Toute lumière a son ombre, toute lame son bouclier (HW]   Mer 24 Mar - 23:30

Lentement, une paume s'était penchée sur la pierre froide, rencontrant l'épaisse couche de verre encerclant comme une prison un hôte si dangereux que la simple évocation de son nom en sa présence faisait frémir. L'étrange forme noirâtre, qu'on n'osait regarder en face, d'un part parce qu'elle scintillait de milles feux et éblouissait, d'autre part car sa puissance aveuglante vous écrasait tant que seul le sol pouvait vous attirer en cet instant, entre les mains de son maître, prenait tout son sens spirituel et perdait celui qu'on lui avait accordé : le dieu avait supplanté le démon, la lame de justice surpassait la fourche en ce lieu pourtant si inquiétant, noir et obscur malgré l'aveuglante lumière des flammes intérieures de l'artéfact.
Le buste bombé, l'homme, à genoux devant le trône de pierre éclatant, se tenait immobile, silencieux dans sa position respectueuse, satisfait et comblé, admiratif. Il aurait pleuré si les larmes ne s'étaient taries depuis longtemps dans ses paupières, vaincues par les douleurs et le désarroi d'un passé meurtri par le sort, sauvé par le Ciel.
Brusquement, la silhouette au sol s'affaissa, laissant tomber lourdement au sol ses bras ballants, tendant sa nuque nue à son bourreau et adoré maître. Serviteur de confiance, sa relation semblait être réciproque : celui qu'il avait décidé de mener à la voûte comme lui-même étaient confiants l'un envers l'autre, d'une manière différente cependant, plus perverse dans le sourire de l'un que dans l'inclinaison humble de l'autre.
Tout d'un coup, le monstre parut, englobant de son infâme pouvoir chaque membre du condamné, le dévorant dans des volutes de fumée bleutées qui s'enroulaient finement en tous sens, s'incurvant dans la peau de leur victime et lui léchant les muscles de la froideur de leur flammes. L'homme se laissa tomber doucement au sol, comme flottant dans un air différent, les yeux révulsés, incapable de formuler une seule pensée rationnelle. Il semblait inconscient, le paraissait vraiment, mais pourtant son esprit n'avait jamais fonctionné aussi vite qu'alors, frappant à grands coups contre la porte de son cœur afin de, par réflexe incontrôlé, lutter désespérément contre le mal qui l'accablait. En vain, car, si le bas esprit animal réagissait seul, la partie réfléchie du primate se chargeait elle de retenir le premier, consentante aux tortures comme se sentant coupable d'un crime inavoué à expier, ou guidée par un fanatisme myope aux tendances de martyr.
Le combat ne se déroulait plus là, il avait fini trop tôt ; le réel affrontement était à venir.

Un lieu obscur, vide, flou, empli de brouillard. Une bougie, esseulée, vacillante, faible, dont la flamme n'était préservée que par le corps rude de l'homme qui s'en aidait dans ces ténèbres profondes. Il avait tiré ses lames sans un bruit, sentant sans que rien ne se soit passé que devait arriver l'ennemi de l'ombre, celui qu'on lui avait annoncé. Aucune idée de son aspect, aucune idée de sa puissance, ce qui le rendait chimérique, imaginaire, et pourtant si terrifiant, titillant les pensées du défenseur tiraillé au milieu de la nuit, dans une insécurité complète malgré la bougie vague qu'il sentait disparaitre.
Il devait la protéger, elle était son salut. Elle était la main qui le tirerait de la pluie et du vague, elle l'avait été depuis sa naissance. Cela faisait si peu de temps qu'elle était là, et déjà on ne pouvait s'imaginer de vivre sans elle, car l'esprit humain, quoiqu'il pense pouvoir se déterminer à croire, se raccroche à l'espoir comme à une dernière bouée, et en oublie bien vite qu'il est parfois éphémère... ou illusion. L'espoir fait vivre, pourtant, avait-on dit. Tétanisé par la peur, l'espoir redonne courage. Vaincu par la fatigue, il renforce et fortifie. Dans le noir le plus complet, il offre une chandelle. Qu'elle soit vraie ou jeu d'esprit seulement, cela n'avait pas d'importance ; elle était là, elle pouvait disparaitre. Il fallait l'en empêcher, au prix de tous les sacrifices, car elle détenait une vie, un honneur dans sa flamme, et s'éteignant, la mort ne serait plus une délivrance, la douleur serait éternelle. L'objectif était clair, et pourtant si confus...

Une ombre caressa la jambe qui dormait, ancrée au sol comme un piquet de tente, lui fouettant les jarrets comme à une bête de somme. Elle s'étira, longue et molle, contrastant avec le décor insondable, tel le scorpion doré sur le sable fin semble camouflé mais est décelable à l'œil habile et entrainé.Une forme se détacha de ce cratère vivant, petite et malingre, intégralement noire, opaque. Elle n'avait ni yeux ni oreilles, ni nez ni bouche, ni doigts ni orteils. Un corps, un tête, et quatre membres moteurs, sans doute creux ou mous, quoiqu'il ne vint pas à l'idée du prisonnier de tenter une dissection malheureuse, qui l'aurait conduit à une mort rapide s'il en était, à n'en point douter. Tandis que l'ombre ne bougeait pas, faisant entendre des marmonnements gutturaux aux oreilles du veilleur, le temps sembla s'arrêter. Puis elle posa un pas en avant. L'homme tressaillit. Quelle était cette impression de vide qu'il avait ressentie ? Un second pas le fit chanceler ; un troisième grogner. Après dix pas, il était au sol, haletant, fixant la voûte infinie de la nuit sans étoiles, écrasé, terrorisé.
Son cœur battait d'un rythme infernal, comme si l'émotion seule n'y était rien, mais qu'un autre mal, plus corrosif, dévorait ses entrailles comme un parasite en son hôte, se repaissant de son intérieur comme d'une chair tendre. Il ne pouvait plus le supporter. Il hurla. L'ombre s'était arrêtée. Sur la tête sans visage, un sourire dépourvu d'émotion s'afficha, morne et grave. Tremblant, le guerrier se remit sur ses pieds et, tendant une main mal assurée, il taillada l'air devant lui d'un coup saccadé par ses pulsations. La lame perça le noir et s'évapora. Ainsi de même pour la seconde. Les mains crispées sur ce qui n'était plus, les yeux pleins d'incompréhension, le visage déformé par la peur, le soldat assista impuissant à la croissance démesurée de l'ombre, devenue gigantesque et plus grande encore.
Alors c'était donc ça... l'Absolu, le démon ? Il avait suivi son dieu dans une voie de lumière, se retrouvait là à attendre d'être le repas suave d'un diable en son enfer propre. Alors ? Avait-il été trompé ? Non, cela ne se pouvait, il en pouvait mettre en doute cela...que d'intérêt à l'abattre, lui ? Il avait, en chacun de ses pas, accomplit jusqu'alors une mission, qui l'avait fait avancer sur n'importe quel plan dans le désespoir et dans la loyauté. Cette œuvre-ci, il était sur le point de le comprendre, serait déterminante. Il ferma les yeux, tout devenait plus clair : il n'avait pas à céder à la peur, car elle l'avalerait. Il se redressa. Ses paupières s'entrouvrirent.
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Hijikata Gentatsu
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MessageSujet: Re: Toute lumière a son ombre, toute lame son bouclier (HW]   Ven 7 Mai - 13:55

La peur, bien que s'étant faite décor, étant encore bien présente au premier plan de cette comédie silencieuse, où le pantomime était lui aussi implicite, puisque le seul jeu était celui du regard à sens unique du prisonnier, fixant l'ombre intense qui devait, si elle n'avait pas d'yeux, lui renvoyer l'impression qu'il se serait fait à lui-même ; pourtant, il l'avait pressenti, cette chose n'était pas comme lui, et ne s'apparentait à son âme que dans ses tréfonds obscurs, sinistres et latents. Ce n'était pas une terreur à proprement parler, c'était de l'anxiété, de la crainte passive, de l'incompréhension : l'épreuve était simple à tous les yeux : venir à bout de cette chimère de flammes infernales serait le point déterminant de cette lutte vers la lumière, pour la lumière. Pourtant, qu'était-ce ? Comment combattre un ennemi dont on ne peut, si on ne les sait pas, même pas déterminer les intentions, les motivations ? Sa propre ligne de conduite avait toujours aidé Hijikata à affronter n'importe quel ennemi se dressant sur sa route avec un calme et une patience qui ne nécessitaient pas qu'on comprît l'adversaire et ses émotions ; ici, dans ce monde intérieur, la raison et la justice de cet homme se trouvaient chamboulées par les siennes propres : il ne se comprenait plus, et de ce fait, ne comprenait pas celui qui lui faisait face.
D'apparences si différentes, étaient-ils cependant si proches ? Le sot vous répondrait que non. Le sage philosopherait des heures, tentant de répondre dans l'exactitude même de la chose. Cependant, le guerrier désarmé au regard si soutenu à présent n'était ni l'un ni l'autre, sa manière d'agir l'avait toujours défini comme appartenant à un genre à part entière dont il était le seul représentant : ceux qui agissent, qui ne pensent qu'une chose et ne s'en détachent pas, exerçant le présent pour échapper à des ténèbres qui toutefois les rattrapent au fil de leur fuite silencieuse. Taciturnes, ils oubliaient l'art de penser, vivant d'instincts et d'impulsions pour survivre dans un monde où ils n'avaient pas leur place : le leur.

Le combattant, invaincu dans sa défaite, serra les poings. Posant le pied droit devant lui, il enfonça son poing le plus vivement qu'il put dans la masse immatérielle, et l'en sortit rapidement, d'un geste brusque et farouche. Qu'était-ce que cela ? Cette sensation n'était ni douce, ni désagréable, ni froide ni chaude, ni rude ni molle... Ce n'était pas quelque chose que les mots peuvent décrire, mais si un nom devait lui être donné, "néant" lui correspondrait. Alors, cet autre lui était vide ? Ce vide signifiait-il sa propre destruction, le destin qui l'attendait ? Cette mise en garde ne toucha pas le cœur déjà malmené de la sentinelle, mais un autre sens lui perça l'esprit : Vide, sans danger, Vide, sans volonté. Cette chose ne pouvait pas être combattue en tant que telle, on ne pouvait la faire fléchir, car ses seules poussées de croissance avaient été engendré par ses propres craintes, à lui, terrorisé. S'il la vainquait, cette ombre, il aurait terminé l'œuvre qui le placerait désormais définitivement aux côtés du seigneur Aizen, aux premières loges dans la conquête du ciel, pour son honneur et son seul but. Mais pour cela, il devait se vaincre, lui... et contre toute apparence, cette lutte ne remontait pas aux quelques instants qu'il avait passé dans ce gîte de peurs et de cris insonores, mais bien aux quelques dizaines d'années qu'il avait passé, seul.

Se vaincre ? Le pouvait-il vraiment ? Mais comment ? Si cette ombre était son reflet, devait-il la combattre, elle ? Où devait-il mettre un frein à son existence pour finir en paix ? Torturé, ce ne serait pas la bonne issue, car, lâche, il aurait perdu une seconde fois dans sa défaite. Hijikata prit les devants sur ses questions et, sautant de toute sa force, s'abattit sur le néant qui l'entourait, les yeux fous, les lèvres crispées, suant d'horreur. Il s'engouffra dans la bouche béante et invisible de ses craintes.
Froid, il avait froid. Tout était sombre. Pourtant, il ne ressentait rien de plus que cet air glacé qui lui courait sur le dos, doucement, prenant bien soin de figer chaque parcelle de son corps tandis que sa sueur se gelait dans ses pores. Étrange... Il avait froid. Il avait, un instant avant son acte, pu effleurer ce Vide, nid de ses angoisses, et il n'avait rien ressenti de cela. Si l'environnement était désert actuellement, le sentiment qu'il provoquait, malgré cette froidure et cette crainte glacée, n'était pas celui qui lui avait inspiré ses doutes. Il ressentait, tandis qu'il n'avait pas ressenti. Là était la nuance. Noir, tout était noir, à un tel point qu'il ne se voyait pas lui-même. Il se ressentait pourtant, il ressentait le sol et ses pas sur celui-ci. Il trébucha. Portant la main à son genou, il rencontra une forme dure, sur laquelle il avait dû buter : la bougie s'était éteinte.
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